Les extinctions dues à l’homme

 

L’extinction est le « destin normal » de toutes espèces à l’échelle zoologique. Il y eut au cours de l’histoire de la Terre, de nombreuses disparitions en masses, telles qu’au Crétacé (-250 million d’années AEC[1]) où 96% des espèces se sont éteintes. Mais cela a permis, par la suite, la radiation(= l’extension) échelonnée sur quelques millions d’années de nouvelles espèces (souvent en plus grands nombres). Les paléontologues se plaisent à rappeler que 99% des espèces ayant existées ont actuellemnt disparues.

Nous chercherons ici à mettre en évidence les différentes causes anthropiques (= dues à l’homme) de l’extinction d’espèces, puis quelques solutions appliquées pour préserver la biodiversité.

 

Les causes dues à l’homme

 

1-     La chasse

 

De tous temps, l’homme a chassé pour son alimentation et pour ses vêtements (et autres applications tels la construction à partir d’os). Très tôt il fut l’acteur de l’extinction de certaines espèces telles que le Mégathérium (« Paresseux » géant) vivant en Amérique, disparu suite à l’arrivée de l’homme sur ce continent. Les Maoris de Nouvelle Zealand décimèrent les moas (oiseau géant incapable de voler). On peut citer l’extinction du loup en Europe et en Amérique du Nord, pour des raisons mythiques et symboliques, plus que pour des raisons de défense et de concurrence territoriale.

Mais de nos jours, la chasse a surtout des fins économiques : les fourrures, les cornes, les plumages et autres attributs présumés tels que les vertus aphrodisiaques du concombre de mer dans certaines cultures asiatiques.

En exemple, nous citerons le pigeon migrateur qui vivait dans toute l’Amérique du Nord en 1805. Il fut victime d’une chasse intensive. En 1870, il n’y en avait plus que dans les régions des Grands Lacs. En 1914, l’espèce avait disparu. Ils étaient facilement chassés car ils vivaient en colonies très nombreuses (200.000 individus).

Mais aujourd’hui la chasse n’est pas la cause la plus importante d’extinction d’espèces.

2-     la dégradation de l’habitat

 

Toutes les espèces sont plus ou moins inféodés à des conditions de vie et à un ou plusieurs milieux. Les espèces les plus « fragiles » sont celles vivant dans des écosystèmes restreints. Ces espèces sont contraints à un type de milieu particulier. Dans ce cas, la dégradation de l’habitat par l’action humaine peut avoir une action relativement rapide sur la disparition d’espèces.

Les destruction partielle ou totale, de l’environnement par l’homme sont de plusieurs types : défrichement des forêts, assèchement des marécages, désertification, pollution des eaux, etc.

Exemple : Insectes pollinisateurs de la forêt amazonienne qui se nourrissent spécifiquement des fleurs de certains arbres. Quand ces arbres ne sont pas en période de floraison, les insectes vont alors se nourrir des fleurs d’arbres rares menacés par al déforestation. Si ces arbres sont menacés, les insectes le sont aussi, ne pouvant se nourrir que des fleurs de ces arbres. Ils n’ont plus leur stock de nourriture en cas de pénurie. L’extinction d’une espèce peut entrainer l’extinction d’autres qui lui sont inféodés.

Mais certaines espèces disparraissent aussi à cause d’exportation de nouveaux organismes dans de nouveaux milieux.

 

3-     la lutte biologique

 

La lutte biologique permet par l’implantation d’une espèce donnée dans un milieu donné, l’extermination ou la réduction d’une espèce nuisible.

Exemple : L’île de Moorea près de Tahiti. Comme beaucoup d’îles elle est volcanique, et offre donc un vaste choix d’écosystèmes. Sur les îles ainsi se développent des espèces dites endémiques[2] très spécialisées et pauvre en défense de part le faible nombre de prédateurs. Sur l’île de Moorea, le genre Patula (= escargot terrestre) a investi tous les écosystèmes. Il s’est diversifié, au cours du temps et des générations, en 7 espèces différentes, avec des modes de vie différents dans des milieux différents. Puis l’homme a implanté le genre Achatina à des fins alimentaires. Mais ce dernier se nourrit de végétaux dont ceux cultivés par l’homme. Afin de lutter contre un envahisseur improvisé, on a utilisé en 1977 Eugladia qui est un escargot prédateur d’escargots particulièrement vorace. Mais il a délaissé Achatina et anéanti le genre Patula (plus fragile face à un prédateur). Les 7 espèces de Patula de Moorea ont disparu en 1988.

Cette erreur a été commise alors qu’une expérience similaire fut faites aux îles Bermudes avec Euglantia pour éradiquer Otala, mais c’est le genre Poecilozonite, une espèce endémique, qui a disparu.

L’implantation volontaire d’espèces nouvelles doit faire l’objet d’intense recherche sur les conséquences éventuelles, avant la réalisation. Mais il y a aussi l’implantation involontaire par le biais des transports et du commerce internationale qui est source d’extinctions d’espèces indigènes. Le rat, le chat et la mangouste par exemple furent à l’origine de nombreuses disparitions de mammifères, oiseaux et autres vertébrés.

Mettons en évidence quelques solutions en apllication.

 

Les solutions

 

1-     les espèces parapluies

 

Ce sont des espèces qui font office de représentant d’un ensemble plus vaste, d’autres espèces afin de les préserver. Par exemple, le panda géant et les démarche pour sa sauvegarde ont permis aussi la sauvegarde des forêts de bambous et d’autres êtres vivants.

Le seul problème est que cette notion joue sur l’affectif, sur le côté attendrissant et la subjective beauté de tel animal ou tel végétal, et non pas sur le concours de tous les organismes au maintien de leur écosystème… même les espèces « visqueuses » et/ou « inquiétantes » (que sont les invertébrés).

 

2-     les parcs naturels

 

A partir de ces espèces parapluies et d’autres critères écologiques, les gouvernements et les institutions nationales et internationales mettent en place des parcs naturels et nationaux, ou des réserves. Ces parcs maintiennent des écosystèmes et leurs organismes dans leur milieu naturel avec des délimitations précises.

Mais suite à des études, notamment par l’Institut National des Recherches Amazoniennes, fut mis en évidence que l’écosystème constitué par les parcs (~ 1000 ha) est soumis à des conditions proches de celles des îles. La forêt à son orée s’use rapidement par l’effet du vent, le tapis de feuilles déssèche et ne pourrit pas, ce qui accroit les risques d’incendies, et fait diminuer le stock de matières nutritives dans le sol.

De plus la réduction de la taille d’un écosystème a pour conséquence de diminuer le nombres d’espèces présentes dans cet écosystème (comme sur une île où le nombre d’espèce est limitée en nombre). Les chances d’enrichissement et reconstitution sont affaiblis par l’isolation de ces îlots de verdure. On peut relever l’investiture de la ville par quelques espèces des champs (telles que le renard). Une meilleur entente reste à trouver.

 

Conclusion

 

Nous menaçons l’existence de nombreuses espèces (dont nous même), et de notre écosystème. Mais ça ne correspond qu’à un instant dans l’histoire de la Terre.

‘extinction d’espèces peut être un phénomène naturel, ce qui est d’ailleurs souvent un argument avancé en faveur du développement techno-industriel. Mais nous sommes la cause de disparitions accélérées dans le temps.

La biodiversité diminue de 50 à 100 espèces par jour. Ce qui pourrait être dans les scénarios les plus catastrophistes, les prémices d’une réaction en chaîne conduisant à une extinction de masse. Pour préciser, il est important de signaler que les forêts tropicales contiennent à elles seules 50 à 90% de la biodiversité terrestre, et qu’elles font partie des écosystèmes les plus menacées par l’homme.

Les extinctions dues à l’homme mettent en évidence notre ingérance de nos activités et leurs conséquences sur l’environnement actuel auquel nous sommes tout de même relativement inféodés.

 

 

 

Bibliographie

 

-         Gould S.J. : « comme les huits doigts de la main ».

-         Goldsmith E., Hildyard N., Bunyard P. et Mac Cully P. : « 5000 jours pour sauver la planète ».

-         Grimme P. : « La biodiversité n’est pas une fin en soi », La Recherche Déc 97.

 

Rédiger le 30/09/2000 sur PC

Travail de maitrise, option « L’homme et la biosphère », 97/98

 

 



[1] AEC = Avant l’Ere Commune

[2] endémique = se dit d’une espèce qui est particulière à un écosystème, lui-même particulier. L’espèce est contrainte à ce milieu. Ces espèces se rencontrent souvent sur les îles.